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La colère et la dépression : une perspective islamique

dimanche 15 septembre 2002


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- La colère
- Remède pour la colère
- La dépression

- La colère

Quand Dieu créa les êtres humains, Il créa diverses émotions et désirs en lui que nous appelons les instincts humains. Ces derniers comprennent des qualités positives telles que le fait de reconnaître la vérité et l’exprimer, l’amour et la compassion et des désirs purement physiologiques comme le fait d’avoir soif, d’avoir faim ou d’avoir un besoin sexuel.

Puis, il y a également des qualités négatives telles que la haine et la colère d’où résultent la violence et la dépression. Les anges qui ont été témoins de la création d’Adam avaient connaissance de certaines qualités négatives de l’homme et s’interrogèrent à propos de la création de cet être qui allait créer le « désordre sur terre ». (Coran 2 :30)

Cependant, au même moment, le Créateur indiqua également les mécanismes protecteurs pour combattre ces instincts négatifs. "L’homme fut créé faible," dit le Coran. Pendant les périodes de faiblesse, nous succombons au dessein de notre ennemi, c’est à dire Satan, qui nous attaque par devant, par derrière, par les côtés afin de nous distraire du souvenir d’Allah et nous faire retourner à notre nature animistic. Ainsi, la colère en elle-même n’est pas naturelle ; l’expression de la colère, si elle s’établit d’une mauvaise manière peut créer divers problèmes. La différence entre les bêtes sauvages et les humains est le libre arbitre.

Lorsqu’un lion ou un loup est en colère, il ne pense pas. Quand un homme se met en colère suite à une provocation il a le choix entre contrôler sa colère, y répondre de la façon enseignée par les Prophètes et les Saints ou oublier tout ceci et devenir un animal sauvage. Ainsi, la colère prend place lorsque nous ne nous contrôlons pas mais que c’est Satan qui nous contrôle.

La colère est un fait déstabilisant. C’est l’émotion la plus à même de diviser des amis ; elle éloigne tout jugement, amène à la dépression, à la folie et aux mauvaises actions pour lesquelles nous nous repentirons une fois la colère passée. Mais pourquoi commençons nous par nous mettre en colère ? C’est soit une provocation, soit une situation inattendues qui entraînent la frustration puis une réponse colérique. Lorsqu’il est en colère, un individu peut agresser physiquement ou verbalement une personne qu’il aime, blesser un autre être-vivant comme un animal et, durant la phase de dépression, il peut se blesser lui-même, voir même se suicider.

Lorsque la colère est dirigée vers un groupe de personnes, elle peut se manifester par un acte terroriste que ce soit contre des individus d’une croyance ou d’une nation spécifiques ou bien contre son propre gouvernement comme ceci a été le cas pour l’attentat d’Oklahoma City. Cependant, la colère n’est pas entièrement d’origine satanique. Comment pouvons-nous blâmer Satan pour la colère d’un enfant qui n’a pas eu son jouet ou qui a faim ?

Le point que je soulève est que l’assouvissement naturel de désirs normaux, que ce soit en terme de nourriture ou de sexe, soit un pré-requis pour éviter la colère. Il y a plusieurs réactions chimiques et hormonales qui affectent nos humeurs et notre comportement. Il est connu que l’hypoglycémie et l’hyperthyroïdie favorisent l’irritabilité et la colère. Nous devons garder l’équilibre au niveau de nos hormones afin de faciliter notre bien-être spirituel.

Le Prophète Mohammed (paix et bénédictions sur lui), qui a été envoyé aux hommes pour leur apprendre la bonne conduite morale, apprit à contrôler sa colère envers les mécréants et à l’exprimer de façon appropriée. Il encourageait constamment à ne pas se mettre en colère. Un compagnon lui demanda :

“ Donne moi un conseil en vertu duquel je pourrais espérer un bien dans l’au-delà”, et il dit :

“ ne te mets pas en colère”.

Une autre personne demanda : “Qu’est-ce qui me sauvera de la colère d’Allah”, et il dit :

“ N’exprime pas ta colère” .

Une troisième personne demanda trois fois : “Ô Prophète de Dieu, indique-moi comment faire facilement une bonne action », et il dit :

" Ne te mets pas en colère" .

Une fois il posa une question à ses compagnons : “Qui parmi vous considérez-vous comme un homme fort ? ”

Il dirent qu’il s’agissait de celui qui peut vaincre tel et tel lutteur lors d’un combat et il dit :

“ Il ne l’est pas. Celui qui est fort est celui qui peut se contrôler alors qu’il pourrait se mettre en colère. ”

Il dit aussi : “La colère est comme le feu qui vous détruit de l’intérieur, elle peut également vous mener au feu de l’enfer lorsque vous l’avez exprimée de façon injuste. ”

Etre en colère c’est comme être ivre. Dans les deux cas, nous ne savons pas ce que nous faisons, ou nous ignorons que nous faisons du mal à autrui ou à nous même et ensuite, une fois que l’ivresse s’est dissipée, nous nous repentons. Le cheikh Hassan Basri dit une fois qu’un des signes du Croyant était que sa colère ne prenait pas le dessus sur lui.

Il faut distinguer la colère qui est une réponse naturelle à un méfait, et la mécréance. Une personne qui n’a aucune réaction face à l’oppression, au méfait ou à la mécréance est une personne émotionnellement impotente.

Il est dit : “ Le mal grandit lorsque quelques personnes ne font rien pour s’y opposer. ” Ainsi, répondre à une injustice et le faire de façon civilisée est une expression de la colère qui est appropriée. Etre neutre face à l’injustice équivaut à contribuer à cette injustice. Quelques fois, prendre les armes afin de combattre l’oppression et l’injustice est la base de “ la guerre juste”. Cependant, cette “ guerre juste” n’est pas justifiée à un niveau personnel.

La calife ‘Ali combattit une fois dans une guerre imposée aux musulmans et le chef des mécréants se confronta à lui. Durant le combat, ‘Ali (qu’Allah soit satisfait de lui) prit le dessus sur son ennemi qui tomba à terre et il fut sur le point de le tuer.

Le chef des mécréants, connaissant son sort, n’avait plus d’alternative et cracha au visage de ‘Ali. Ce dernier se leva immédiatement et le laissa seul. L’homme vint vers lui en courrant et dit :

“ Tu avais l’occasion de me tuer. Pourquoi n’as-tu pas utilisé ton épée ?” ‘ Ali dit :

“Je n’ai aucune animosité personnelle envers toi. Je te combattais à cause de ta mécréance, au nom de Dieu. Si je t’avais tué après que tu aies craché sur mon visage,alors cela serait devenu une revanche personnelle que je ne souhaite pas prendre.” Ce mécréant devint musulman sur le champ.

Lorsque le Prophète (pbsl) se mettait en colère à cause d’une mauvaise action ou de la mécréance d’une personne, il ne l’exprimait jamais avec sa main ou sa langue. Ses compagnons savaient qu’il était en colère en regardant son visage qui devenait rouge, la sueur apparaissant sur son front, et il gardait le silence pendant un moment, s’efforçant de se contrôler.

Que nous arrive-t-il physiologiquement lorsque nous sommes en colère ? Notre fréquence cardiaque et notre tension augmentent ; ceci est l’effet direct d’un excès d’adrénaline dans notre système. Notre force physique augmente alors que notre force spirituelle diminue. Notre intellect ou notre pouvoir de décision s’en vont et des choses que nous n’aurions jamais justifiées dans un état normal deviennent acceptables. Les organes de notre corps qui sont, en temps normal, sous notre contrôle, deviennent hors de contrôle. Ainsi, nos langues deviennent agressives et nous pouvons prononcer des mots qui blesseront une autre personne. Nos mains sont hors de contrôle et nous pouvons frapper quelqu’un et même parfois nous frapper nous-même. Nos pieds sont hors de contrôle et nous pouvons donner un coup de pied à un humain, un animal ou à une machine.

Comment contrôler la colère ? Contrairement à d’autres enseignements, je pense que déraciner une colère est impossible, contre-nature et peut même être douloureux. Une personne qui ne se contrôle pas ou qui ne redirige pas l’expression de la colère peut monter la colère contre elle-même et se blesser physiquement.

Mis à part le fait d’être déprimé et d’avoir un sentiment de dépression, durant la phase de colère non exprimée, une fréquence cardiaque rapide une pression sanguine forte peuvent nuire au cœur voire même entraîner une crise cardiaque sur le long terme. Mis à part le fait d’être violent, durant la phase de colère puisque l’esprit de fonctionne plus, une personne peut prendre de mauvaises décisions concernant son travail ou des relations personnelles qui vont affecter son futur.

- Remède pour la colère

Le premier remède préventif est d’éviter d’être trop sensible aux provocations et de devenir sourd et muet. Ceci peut être nécessaire pour certaines personnes afin qu’elle se dirigent vers autre chose pour se détourner. Pour les saints, ceci peut-être envisageable par le souvenir de Dieu et la méditation, mais pour le commun des hommes, il est nécessaire d’avoir recours aux outils de ce bas monde.

Un couple alla voir le Prophète (pbsl) et dit :

“ Nous nous disputons depuis des années. Chaque fois, elle dit quelque chose pour heurter mes sentiments, je me mets en colère et je réponds et ces disputes atteignent un tel degré que j’ai peur que ce combat verbal ne devienne physique ou que nous finissions par divorcer. Conseille-moi sur la façon de contrôler ma colère.”

Il dit à l’homme :

“Quand ta femme te provoque et te met en colère, prend un peu d’eau dans ta bouche et n’avale pas, ne la crache pas non plus mais garde l’eau jusqu’à ce que la colère se soit calmée. ”

Il mit en pratique ce conseil et rapporta quelques mois plus tard que ceci avait marché.

Puisque que nous croyons que la colère est l’expression du contrôle de Satan, nous ne devons pas le laisser prendre le dessus.

Le Prophète (BDSL) nous a conseillé de dire lors de la colère :

“ Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le lapidé. ”

Il conseilla également lors de la colère de s’asseoir ou de s’allonger car il est difficile de frapper quelqu’un dans cette position. De toute évidence, le meilleur remède est de penser à Dieu et de se poser soi-même une question : “ Avons-nous le contrôle de notre personne ou laisserions-nous Dieu prendre le contrôle de notre personne ?” Il faut penser à la colère et à la punition de Dieu. La colère de Dieu est-elle plus faible que la notre ? Qu’arriverait-il s’Il exprimait Sa colère ? Les humains qui cherchent le pardon de Dieu doivent d’abord pardonner aux autres.

Lorsque quelqu’un pardonne une autre personne, ceci établit la paix et la tranquillité dans son coeur. Parallèlement, les injustices ou les mauvaises actions qui ont mis quelqu’un en colère se transforment en conflit entre Dieu et la personne qui est à l’origine. Et si la personne ne prend pas sa revanche et pardonne, Dieu agira en son nom.

Le premier attribut de Dieu / Allah dont nous, musulmans, nous rappelons est Ar Rahman-Ar Rahim qui veut dire Le très Miséricordieux, Le tout Miséricordieux. Dieu lui même a dit  : “Ma Miséricorde a vaincu Ma Colère”,

et Il a dit dans un hadith qudsi :

“ Ô fils d’Adam, quand tu te mets en colère, rappelle-toi de moi. ”

Ainsi, le rappel d’Allah et la méditation nous garderons dans la voie droite. Un des mots de la méditation est ya Halim qui est un des attributs de Dieu et qui veut dire Le Doux. On peut également prier Dieu de prendre le contrôle de la situation et de la ou des personnes qui ont causé cette colère. Nous devons également penser que cette vie qui nous est si chère est une vie temporaire et nous ne devons pas oublier la mort ni troquer la vie éternelle contre celle de ce bas-monde. Se laver le visage avec de l’eau fraîche ou prendre une douche froide peut aussi aider.

Ainsi, il est important de rediriger l’énergie en se consacrant à autre chose. Le summum de la sainteté est de faire exactement l’opposé de ce que la personne provocatrice attend. S’il elle s’attend à ce qu’on la réprimande ou qu’on l’agresse verbalement en retour, alors il faut lui dire : “Je t’aime” et mentionner ses qualités. Si elle s’attend à une attaque physique alors il faut l’embrasser et lui pardonner.

C’est à ce propos que la parole “tendre l’autre joue” est arrivée. Quelqu’un deviendra une calme quand il aura fait la paix avec lui-même, avec son Créateur et avec son entourage. La colère est une mauvaise herbe qui coûte cher. Elle coûte la santé d’un individu, sa vie dans ce monde et sa vie dans l’au-delà. Cette mauvaise herbe doit être déracinée pour permettre à la plante saine de la droiture, de la piété et du service à Dieu et à Sa Création, de se consolider et de croître.

- La dépression

La dépression est un état de pensée triste, de déprime et un sentiment de ne pas valoir la peine. Elle peut être le résultat de la colère contre soi-même ou contre autrui, une colère inexprimée, un échec, une frustration. La dépression est une maladie mortelle qui peut blesser le corps de façon intense ou chronique et elle peut détruire irréversiblement des relations. C’est durant cet état de dépression que les gens ont des pensées suicidaires et quelques fois mêmes des actions suicidaires. Durant la colère cependant, quand une personne essaie de manifester sa dépression verbalement et physiquement, elle baisse totalement les bras. La dépression se construit lentement, alors que la colère est une manifestation plus aiguë, elle est telle une mite qui mange doucement l’esprit humain ainsi que son corps.

La dépression peut être le résultats de pertes, financières ou affectives ou bien un d’échec dans le travail, scolaire ou professionnel. Souvent, des patients en stade terminal, sans espoir de guérison, sont également déprimés. Quelques fois la dépression ou la déprime sont dues à un déséquilibre chimique comme la colère, qu’il y ait une condition psychotrope avec épuisement des amines cérébrales, de l'epinephrine, de la norepinephrine et de la dopamine, ou bien un déséquilibre hormonal tel que l’hyperthyroïdie ou la maladie d’Addison. De ce fait, pour chaque cas de dépression, lorsque qu’un médecin les remarque, il doit les évaluer pour mettre en place un traitement agissant sur la cause.

La façon de lutter contre la dépression est encore une affaire de contrôle de l’esprit. Nous devons réaliser que nous ne contrôlons pas notre destinée. Certains échecs et certaines difficultés ont pour but de nous apprendre des leçons. Nous devons savoir que quelqu’un contrôle notre passé, notre présent et notre futur. C’est ce qu’est un croyant. Le Calife ‘Ali dit une fois : “ Ce qui fait de moi un homme qui croit en Dieu, c’est le fait de réaliser qu’après avoir fait tout ce qui est humainement possible pour faire en sorte que certaines choses marchent, elles ne marchent pas comme nous l’aurions cru, me faisant croire que quelqu’un d’autre avait le contrôle de cette situation, et pas moi. ”

Lorsque nous donnons de bons conseils à nos enfants adolescents, les encourageant à faire le bien et à éviter le mal et qu’ils n’écoutent pas, ils se retrouvent confrontés à des problèmes. C’est humain d’être triste mais il n’est pas nécessaire d’être déprimé en pensant : “je ne suis pas un bon parent ”. Nous serons interrogés pour les choses que nous pouvons et devons faire mais pas pour les choses qui sont hors de notre portée.

Le remède à la dépression est l’espoir. Dieu a rendu le désespoir illicite en disant : “ Ne désespérez pas de la Miséricorde de Dieu. ”

Ainsi, peu importe le niveau de désespoir, dépression et de frustration où nous nous trouvons, que ce soit la perte d’une personne qui nous est chère ou la perte d’un emploi, ou bien le résultat d’une colère contre un tiers, nous ne devons pas abandonner l’espoir car il reste toujours une lueur d’espoir à la fin du tunnel. Le plus grand espoir est une miséricorde de la part de Dieu.

Ainsi, celui qui a perdu des biens matériels espère que Dieu remplacera ces pertes par une chose meilleure. Celui qui a perdu un être cher espère le revoir dans l’au-delà.

L’espoir est le remède qui permet de rester en vie et d’avancer et lorsque l’on dit “ accroche-toi ” ceci veut dire “ accroche-toi à la corde de l’espoir ” . Il n’est pas contre-nature d’être triste suite à certaines situations ou évènements. Même le Prophète (pbsl) était triste lorsqu’il regardait la triste situation des mécréants, leur rejet de son message annonçant l’unicité de Dieu et le fait qu’ils ne deviennent pas musulmans. Dieu lui rappela :

“ Ce n’est pas ton devoir de faire d’eux des musulmans mais juste de proclamer la vérité et Dieu donne la guidée à qui Il veut.”

Durant la dépression, il y a l’obscurité mais avec l’espoir, il y a la lumière. De ce fait, chacun doit demander que cette lumière illumine son cœur et qu’il puisse voir plus loin que ce qui est la cause de ses souffrances actuelles. Si je savais que je ne pourrai pas voir le jour prochain, je tomberai en dépression, mais si j’ai l’espoir de voir le jour prochain avec tous ses bienfaits, l’amour de ma famille, mes amis, les êtres qui me sont chers, les fleurs, etc., je m’endors en paix et me tourne vers Dieu. Nous devons demander la Miséricorde de Dieu ainsi que Son pardon pour que nous puissions nous aimer et nous pardonner, nous-mêmes ainsi que les autres créatures de Dieu, être en paix avec nous même, notre Créateur et nos proches.

Nous, musulmans, croyons que toutes les souffrances, les défaites et les adversités ne sont qu’une épreuve de la part de Dieu qui a dit :

“ Vous n’entrerez pas au Paradis sans avoir été éprouvés. ”

Il dit également :

“ Nous vous éprouverons par un peu de crainte, de faim, par des pertes légères de biens, d’honneurs ou de récoltes. Annonce la bonne nouvelle à ceux qui sont patients, à ceux qui disent, lorsqu’un malheur les atteint : “ Nous sommes à Dieu et nous retournerons à Lui ”. (Chapitre 2 versets 155-157)

Texte écrit par le Dr Shahid Athar, traduit avec son aimable autorisation par la sœur Inaya (qu’Allah la récompense).



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