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La stérilisation
jeudi 1er novembre 2001 |
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La stérilisation se réfère habituellement à un procédé chirurgical visant à empêcher la grossesse. La méthode commune chez la femme est l'interruption de la continuité des deux canaux utérins de sorte que le sperme montant et l'ovule descendant ne puissent jamais se réunir. La stérilisation du mâle vise à interrompre la continuité des vaisseaux déférents de chaque côté, de sorte que les spermatozoïdes produits par les testicules n'aient pas de voie de sortie vers l'extérieur et que l’éjaculation soit exempte de spermatozoïdes ; plus tard la fonction de produire des spermes par les testicules est perdue, bien qu'ils continuent leur fonction hormonale de production de la testostérone, l'hormone masculine responsable de la libido et de la vigueur sexuelle. Cela ne nécessite pas la castration, qui signifie l’ablation des testicules (ou des ovaires chez la femelle). Comme procédé chirurgical, la stérilisation ne peut pas être décrite en soi comme religieusement autorisée ou interdite, parce que ceci dépendrait du but (de l’application) plutôt que de l'opération ; la décision d’effectuer cette opération, cependant, ne devrait pas être prise à la légère, car bien que techniquement facile, les implications religieuses peuvent être très graves. On réalise l’importance de la décision en se rappelant que les cinq buts de base de la loi islamique sont la conservation de l'individu, de la religion, de l’esprit, de la propriété et de la procréation. Dans l’échelle des compensations à verser concernant les dommages résultant de la perte de la vie ou des membres et/ou des fonctions du corps, la rançon à payer causant la perte des fonctions de procréation est égale à celle de la perte de la vie. Quand elle est accomplie pour une indication médicale claire, la stérilisation est non seulement permise mais pourrait être obligatoire. Si un état incurable de la mère rend une autre grossesse dangereuse pour sa santé ou sa vie, alors on doit lui donner le choix de la stérilisation, en particulier si d'autres méthodes contraceptives ne sont pas acceptables, appropriées ou fiables. La crainte de la transmission d’une maladie héréditaire à la progéniture est également une raison valable. C'est tout à fait conforme à la règle islamique de "repousser le mal". La licité de la contraception n’est pas conditionnée par un délai, et la stérilisation n’est purement qu’une contraception définitive. Quand elle est pratiquée pour des raisons non médicales, il n'y a aucun principe de base à appliquer. Une prudente analyse doit être réalisée dans chaque cas individuel afin de peser le pour et le contre, tout en faisant toujours bien attention à la gravité de la décision aussi bien du point de vue religieux qu’humain. La permissibilité de la stérilisation n'est pas absolue, et islamiquement, le docteur doit choisir ce qui est meilleur pour son patient, et non pas ce qui n’est pas prioritaire. Certaines directives doivent influencer la prise de décision, comme ce qui suit : 1) La stérilisation doit être le résultat d’un consentement volontaire, éclairé et libre des deux conjoints. Aucune politique de gouvernement ne doit faire pression sur les personnes concernant la stérilisation ou les tenter en les incitant par de l’argent ou par d’autres moyens. Cette exploitation du besoin et de la pauvreté est parmi les plus vils moyens de pression. La procréation est un droit fondamental de l'homme et une liberté individuelle. Le fait que des agences scientifiques et autres, dans les pays où il est donné trop d’importance à l'individualité, encourage une politique opposée d’autoritarisme dans d'autres pays, les statuts relatifs aux droits et aux libertés individuelles favorisent, à la longue, l’injustice, l'amertume et la désunion. La convenance ne doit pas dépasser le principe. 2) La décision de la stérilisation doit être considérée comme une décision ultime. Les avancées techniques de la stérilisation et de son inversion ne signifient pas que l'inversion peut être garantie. Nous nous rendons compte des pratiques leurrant les gens à propos de la stérilisation sur la promesse sûre de l'inversion si le patient change d’avis. Ce n'est pas une pratique honnête. En outre, les honoraires des opérations d'inversion doivent être déclarés au patient avant, et non pas après la stérilisation. En fait l'impulsion réelle pour le perfectionnement de la chirurgie d'inversion, qui résulte d’un changement tardif d'opinion, est en soi l’admission d'une mauvaise décision sur la stérilisation en premier lieu. Peu de patients, observés dans la pratique du gynécologue, sont plus malheureux que les femmes qui ont décidé de partiquer la stérilisation et l'ont subi à un moment où elles se sont senties tout à fait confiantes dans leur décision, puis quelque chose est arrivé qui a fait qu’elles cherchaient à être enceinte mais sans succès, en dépit des tentatives chirurgicales répétées ; et chaque gynécologue doit les avoir vues maintes et maintes fois. Peut être que la fécondation in-vitro peut fournir une option pour ce problème, mais est-ce une solution vraiment fiable ? La réponse est non parce que le taux de succès des fécondations in-vitro en terme de grossesses viables tourne toujours autour de 20%. Ces patients présentant une fertilité précédemment normale sont les plus malheureux parce qu'ils savent qu'ils ont perdu quelque chose qu'ils avaient auparavant ; ils n’avaient jamais subi de traitement recherchant une éventuelle stérilité mais après, ils ont perdu leur fertilité de leurs propres mains et de façon iatrogène, aux mains de leurs médecins. Avec la possibilité de perte d'enfants par la volonté du destin, ou la possibilité du jeune conjoint de divorcer ou devenir veuf, et la remariée désireuse de devenir enceinte dans sa nouvelle situation de famille, ce serait un sage conseil que de recourir à une certaine forme de contraception réversible plutôt qu’à la stérilisation comme moyen de la limitation des naissances. La disponibilité de la contraception fiable appropriée devrait rendre la stérilisation superflue dans la majorité des cas. La situation est peut-être un peu plus flexible pour le patient plus âgé qui a réalisé ou a dépassé la taille "faisable" de sa famille. La personne âgée n'a pas un grand avenir obstétrique à sacrifier de toute façon car la fertilité diminue naturellement avec les années qui passent, avec le risque accru concomitant aux dangers du pourcentage élevé pour la mère et des syndromes d’anomalies chromosomiques affectant le foetus. On doit rappeler que ce à quoi nous nous référons par la taille 'faisable' de la famille est plus une définition sociale que médicale. Ce pourrait être un ou deux enfants pour un Indien mais six à huit pour un Arabe, et ceci est indépendant des différentes prédilections familiales. Lors d’une conférence internationale sur la contraception il y a quelques années, un délégué d'Egypte a précisé que dans sa série de stérilisations, l'âge moyen des patients était de trente quatre ans et le nombre moyen d'enfants était 4,1. En commentant, un délégué français s’emporta et martelait la table avec son poing en criant d'une manière autoritaire : « Cela signifie que nous devons être plus agressifs, stériliser de plus en plus de jeunes femmes, et plus jeune avec moins et peu d'enfants. » Ceci m’a semblé stupéfiant et horrifiant. Etant sous l’emprise d'une obsession, le personnel médical oublie parfois que leur but final est de rendre les patients heureux et non pas malheureux et emplis de remords. Lors d’une autre conférence, un collègue de l'Inde a décrit comment, dans son établissement, la stérilisation était effectuée par un personnel paramédical qualifié, sous anesthésie locale, sur une table de cuisine ordinaire, nettoyant les instruments entre les opérations à l'eau bouillante ordinaire, afin de pouvoir faire face à la longue file d’attente des femmes s’allongeant à l’extérieur de la salle pour obtenir cette intervention. Au moment où la responsabilité médicale et le coût de l'Assurance de la pratique en Amérique étaient élevés, les collègues américains ont avec enthousiasme applaudi les réalisations du collègue indien et en ont fait l’éloge avec frénésie. Deux standards de la pratique médicale ont semblé recevoir une totale approbation, tant que chacun visait sa catégorie respective de personnes. Pour nous c'est certainement non professionnel, non éthique et certainement non islamique. 3) La stérilisation de masse doit être évitée, que ce soit pour limiter la croissance de la population ou pour expérimenter de nouvelles techniques. L'individualisation est absolument nécessaire et chaque patient individuellement (ou chaque couple) doit être conseillé pleinement, sans tentative de minimiser les conséquences et les implications possibles de la stérilisation. Le consentement doit être réellement et honnêtement informé et libre. Le choix du patient ne doit pas être lié au docteur, et quand le jeune patient présentant peu ou pas de descendance opte pour la stérilisation c’est alors le droit du docteur de refuser si il ou elle estime que cela n'est pas dans les meilleurs intérêts du patient. Inutile de dire, si les normes islamiques doivent être observées, que le médecin doit alors être réputé croyant à l'Islam, de se conformer à ses règlements et être prompte à observer ses normes. Dans une pratique islamique correcte, la stérilisation est une opération qui est habituellement déconseillée à moins que l'indication médicale soit claire ou que l'indication non médicale soit soigneusement évaluée. Les gains financiers ne doivent pas tenter le docteur au compromis. Et la décision ne doit pas être laissée au personnel médical nouveau désireux d'acquérir une expérience chirurgicale. L'opinion mûre, de préférence en consultation, doit être recherchée dans chaque cas. Texte traduit avec l’aimable autorisation du site Islamset www.islamset.com par la ‘ webmastrice’ du site An-Nissa(qu’Allah la récompense) . |
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