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Les deux sourates protectrices (S.113 et 114)
mercredi 21 novembre 2001 |
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1. Dis : ‹Je cherche protection auprès du Seigneur de l'aube naissante, 2. contre le mal des êtres qu'Il a créé, 3. contre le mal de l'obscurité quand elle s'approfondit, 4. contre le mal de celles qui soufflent (les sorcières) sur les noeuds, 5. et contre le mal de l'envieux quand il envie›. (Sourate 113, Al-Falaq, L'Aube Naissante) 1. Dis : ‹Je cherche protection auprès du Seigneur des hommes. 2. Le Souverain des hommes, 3. Dieu des hommes, 4. contre le mal du mauvais conseiller, furtif, 5. qui souffle le mal dans les poitrines des hommes, 6. qu'il (le conseiller) soit un djinn, ou un être humain›. (Sourate 114, An-Nass, Les Hommes ) Bien que ces deux sourates du Coran soient des entités séparées et qu'elles soient écrites dans le Mushaf sous deux noms différents, elles sont cependant si profondément reliées l'une à l'autre et leur contenu se ressemble tant qu'on les désigne par un nom commun aux deux : Mu`awwidhatayn (les deux sourates dans lesquelles le refuge auprès d'Allâh est recherché). L'Imâm Al-Bayhaqî dans Dalâ'il An-Nubuwwah a écrit que ces deux sourates ont été révélées ensemble, c'est pourquoi le nom commun aux deux est Mu`awwidhatayn. Après le traité de paix de Hudaïbiyah quand le Saint Prophète est retourné à Médine, une délégation de Juifs de Khaïbar vint visiter Médine en Muharram, en l'an 7 après l'Hégire et rencontrèrent un célèbre magicien, Labîd Ibn Asam, qui appartenait à la tribu Ansar de Bani Zurayq. Ils lui dirent : "Tu sais comment Muhammad (que la paix et la bénédiction d'Allâh soient sur lui) nous a traité. Nous avons tenté de l'ensorceler mais n'y sommes pas parvenu. Nous venons à toi car tu es un meilleur magicien. Voici trois pièces d'or, accepte-les et jette un sort puissant sur Muhammad". En ces temps, le Saint Prophète avait un garçon Juif comme serviteur. Grâce à lui, ils obtinrent un morceau du peigne du Saint Prophète avec quelques cheveux. La magie fut pratiquée sur ces cheveux et sur la dent du peigne. Selon certaines traditions, la magie fut pratiquée par Labîd Ibn Asam lui-même, selon d'autres ses sœurs étaient plus douées que lui, et il les fit jeter le sort. Quoi qu'il en soit, Labîd plaça le sort dans le bractée d'un dattier mâle et le cacha sous une pierre au fond de Dharwan ou Dhi Arwan, le puits de Bani Zurayq. Le sort pris tout une année pour faire effet sur le Saint Prophète (que la paix soit sur lui). Dans la deuxième moitié de l'année le Saint Prophète commença à se sentir mal. Les 40 derniers jours furent difficiles pour lui et parmi eux les 3 derniers encore pires. Mais l'effet le plus important était qu'il se dissipait de l'intérieur. Il croyait avoir fait une chose, alors qu'en fait il ne l'avait pas faite : il croyait avoir rendu visite à ses femmes alors qu'il ne l'avait pas fait ; et parfois il pensait avoir vu quelque chose alors qu'il n'avait rien vu. Tous ses effets étaient confinés à sa propre personne, les autres gens ne se rendaient pas compte de l'état dans lequel il était. En tant que Prophète, aucun changement n'avait lieu dans l'exercice de son devoir. Il n'y a aucune tradition disant qu'il aurait pu oublier des versets du Coran à cette époque, ou se tromper en en récitant un, ou qu'un changement ait eu lieu dans les assemblées et dans ses consultations ou ses sermons, ou qu'il ait présenté un discours comme un Révélation alors qu'il ne lui aurait pas été révélé, ou qu'il aurait manqué une prière en croyant l'avoir faite. Dieu nous préserve, si une telle chose était arrivée, cela aurait causér une clameur et toute l'Arabie aurait su qu'un magicien avait dépassé en puissance celui qu'aucun pouvoir n'avait pu dépasser en puissance. Mais la position de Prophète du Saint Prophète n'en a pas du tout été affectée. Il en était perturbé seulement dans sa vie personnelle. Finalement, un jour qu'il était dans la maison de la Mère des Croyants Aïshah, il pria Allâh de lui redonner pleine santé. A ce moment là, il s'endormit ou s'assoupit et dit au réveil à la Mère des Croyants, Aïshah : "Mon Seigneur m'a dit ce que je Lui avais demandé". La Mère des Croyants, Aïshah, demanda ce que c'était. Il répondit : "Deux hommes (c'est à dire deux anges à aspect humain) vinrent à moi. Un s'est assis près de ma tête et l'autre près de mes pieds. Le premier a demandé : que lui est-il arrivé ? L'autre a répondu : de la magie a été employée contre lui. Le premier a demandé : qui l'a employée ? Il a répondu : Labîd Ibn Asam. Il a demandé : dans quoi est-elle contenue ? Il a répondu : dans un peigne et des cheveux couverts de la bractée d'un dattier mâle. Il a demandé : où est-il ? Il a répondu : sous une pierre au fond de Dhi Arwan (ou Dharwan), le puits de Bani Zurayq. Il a demandé : que devrait être fait à ce sujet ? Il a répondu, le puits devrait être vidé et cela devrait être retiré de sous la pierre. Le Saint Prophète envoya alors notre maître `Alî, notre maître `Ammâr Ibn Yâsir et notre maître Zubaïr : ils étaient accompagnés par Jubaïr Ibn Iyâs Az-Zurqî (deux hommes de Bani Zurayq). Plus tard, le Saint Prophète arriva également au puits avec certains compagnons. L'eau fut retirée et on retrouva le spathe. Là, ils découvrirent à part le peigne et les cheveux une corde avec 11 nœuds et une figure de cire transpercée d'épingles. Gabriel (paix sur lui) vint et lui dit de réciter les Mu`awwidhatayn.Pendant qu'il récitait, verset après verset, un nœud se défaisait et une épingle sortait à chaque fois, jusqu'à ce que ce qu'au dernier mot, tous les nœuds soient défaits et toutes les épingles enlevées, et il était entièrement libéré du charme. Après cela, il appela Labîd et le questionna. Il avoua et le Saint Prophète le laissa partir, car il ne se vengeait jamais de quiconque lui avait fait du mal. Il refusa même d'en parler aux autres, disant qu'Allâh lui avait redonné la santé ; et que donc il ne voulait pas inciter les gens contre personne. Ceci est l'histoire de la magie employée contre le Saint Prophète. Il n'y a rien dedans qui puisse aller entacher son exercice de Prophète. Si toutes sortes de blessures pouvaient lui être infligées, comme lors de la bataille de Uhud, s'il pouvait tomber de son cheval et se blesser comme confirmé par le Hadith, s'il pouvait être piqué par un scorpion comme le mentionnent certaines traditions et que rien de cela ne réfute la protection qu'Allâh lui avait promise dans sa capacité à être Prophète, il pouvait aussi tomber malade dans ses capacités personnelles sous l'emprise d'un charme magique. Qu'un prophète puisse être affecté par la magie est aussi confirmé par le Coran. Dans la sourate Al- A'raf il est dit que quand les magiciens de Pharaon furent confronter à Moise, ils ensorcelèrent les yeux de milliers de personnes qui s'étaient assemblées pour assister à la rencontre (v. 116). Dans la sourate TaHa il est dit que non seulement les gens ordinaires mais aussi le Prophète Moise eurent l'impression que les bâtons et les cordes qu'ils jetaient courraient vers eux comme autant de serpents, ce qui emplit le cœur de Moise d'effroi. Sur ce Allâh lui révéla : "N'ais crainte, tu sortiras victorieux. Jette ton bâton." (vv. 66-69). Quant à l'objection que ceci confirmerait alors l'accusation des mécréants de la Mecque que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) était un homme ensorcelé, la réponse est que les mécréants ne le disaient pas ensorcelé dans le sens qu'il était tombé malade sous l'effet d'un charme magique jeté par quelqu'un, mais dans le sens qu'un magicien l'aurait, Dieu nous en préserve, rendu fou et lui aurait fait proclamer le message prophétique et raconter aux gens des histoires d'enfer et de paradis dans ce même état de folie. De toute évidence, cette objection ne s'applique pas ici, car l'histoire confirme que le charme magique n'avait affecté que la personne de Muhammad (que la paix soit sur lui) et pas l'état de Prophète de Muhammad (que la paix soit sur lui), qui n'était pas du tout affecté. Dans ce domaine, il est intéressant de noter que ceux qui considèrent la magie comme une sorte de superstition fondent leur opinion sur le fait qu'on ne peut expliquer scientifiquement l'effet de la magie. Mais il y a de nombreuses choses en ce monde qu'on peut vivre et observer mais dont on ne peut expliquer scientifiquement comment elles arrivent. Si on ne peut pas apporter de telles explications, cela ne signifie pas qu'il faille refuser ces choses qu'on ne peut pas expliquer. La magie, en fait, est un phénomène psychologique qui peut affecter le corps à travers l'esprit, tout comme les choses physiques peuvent affecter l'esprit à travers le corps. La peur, par exemple, est un phénomène psychologique qui affecte le corps : les poils se dressent et le corps frissonne. La magie ne change, en fait, pas la réalité, mais sous son influence, l'esprit et les sens de l'homme ont le sentiment que la réalité a changé. Les bâtons et les cordes que les magiciens ont lancé vers le Prophète Moise, ne sont pas réellement devenus des serpents, mais les yeux de la multitude de personnes étaient à ce point mystifiés que tout le monde crut que c'étaient des serpents ; même les sens du Prophète Moise n'ont pu résister à ce charme magique. De la même façon, dans la Al-Baqarah, verset 102, il est dit qu'à Babylone les gens avaient appris une magie de Hârût et Mârût leur permettant de séparer mari et femme. Ceci aussi était un phénomène psychologique. De toute évidence, si les gens ne la trouvait pas efficace par expérience, ils n'en seraient pas clients. Bien sûr, tout comme la balle du fusil, ou la bombe de l'avion, la magie ne peut avoir d'effet sans la permission d'Allâh, mais ce serait de l'obstination que de nier ce qui est observé par l'homme depuis des milliers d'années. Récitation des charmes et des amulettes La récitation des charmes et les amulettes ont-ils une quelconque place en Islam, et ont-ils une quelconque efficacité. Cette question se pose car dans de nombreux hadîths il a été rapporté que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) au moment de se coucher chaque soir, surtout dans la maladie, avait pour habitude de réciter le Mu'awwidhatayn (ou selon d'autres rapports le Mu'awwidhat, soit Qul Huwa-Allâhu Ahad [s. 112] et le Mu'awwidhatayn) trois fois, souffler sur ses mains et ensuite frotter ses mains sur son corps de la tête aux pieds, aussi loin que ses mains pouvaient aller. Durant sa dernière maladie, quand il n'était plus capable de le faire, la Mère des Croyants Aïshah récitait ces sourates elle-même ou sur son ordre soufflait sur ses mains afin de le bénir et les frottait sur son corps. Des traditions à ce sujet ont été rapportées par Al-Bukhari, Muslim, An-Nasâ'î, Ibn Mâjah, Abû Dâwûd et dans Al-Muwatta' de l'Imam Malik par des voies authentiques selon la Mère des Croyants Aishah elle-même- et nul ne peut être mieux informé qu'elle de la vie domestique du Saint Prophète. De ce point de vue, on devrait d'abord comprendre son aspect religieux. Dans le Hadith une longue tradition est relatée selon notre maître Abdullah Ibn `Abbâs, à la fin de laquelle il est rapporté que le Saint Prophète a dit : "Les gens de ma Ummah qui entreront au paradis sans jugement seront ceux qui n'auront ni eu recours au traitement par le marquage , ni par enchantement, ni consulté de devins, mais ceux qui ont foi dans leur Seigneur." (Muslim). Selon une tradition rapportée selon Al-Mughîrah Ibn Shu`bah, le Saint Prophète a dit : "Celui qui s'est fait traiter par le marquage, ou par enchantement s'est éloigné de la confiance d'Allâh."(At-Tirmidhi). Notre maître `Abdullah Ibn Mas`ûd a rapporté que le Saint Prophète désapprouvait dix choses dont une était la récitation de charmes et les amulettes, sauf s'il s'agit de réciter les Mu'awwidhatayn ou les Mu'awwidhat. (Abû Dawûd, Ahmad, An-Nasâ'î, Ibn Hibbân, Al-Hakim). Certains hadîths montrent aussi qu'au début, le Saint Prophète avait interdit à la fois la récitation de charme et les amulettes, mais qu'ensuite il les permit à la condition qu'ils ne comportent pas de polythéisme, il faut réciter et souffler au moyen des noms saints d'Allâh ou des mots du Coran. Les mots utilisés doivent être compréhensibles, on doit savoir qu'il n'y a pas de péché en eux, et on ne doit pas complètement se reposer sur la récitation de charmes mais sur la volonté d'Allâh de la rendre bénéfique." Après l'explication de l'aspect religieux, voyons maintenant ce que le Hadith dit à ce sujet. At-Tabarânî dans As-Saghîr a rapporté une tradition sous l'autorité de notre maître `Alî, disant : "Une fois le Saint Prophète fut piqué par un scorpion durant la prière. Quand la prière fut fini, il dit : Dieu maudisse ce scorpion : il n'épargne personne, pas même celui qui prie. Il demanda ensuite de l'eau et du sel, et commença à frotter l'endroit où le scorpion avait piqué avec de l'eau salée en récitant Qul ya ayyuhal-kafirun, Qul Huwa Allûhû ahad, Qul a'udhu bi-Rabbil-falaq et Qul a`ûdhu bi-Rabb'In-Nâs." Ibn `Abbâs a aussi rapporté la tradition suivante : "Le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) avait l'habitude de réciter cette invocation pour nos maîtres Al-Hasan et Al-Husaïn : U`idhukuma bi-kalimat Allâhit-tamati min kulli shaitan-in wa hammatin wa min kulli `aynin lâmmâh : "Je vous donne au refuge des mots parfaits d'Allâh, à l'abri de tout démon et de toutecréature mauvaise et de tout mauvais oeil." (Al-Bukhari, Ahmad, At-Tirmidhî, Ibn Mâjah). Une tradition est rapportée par Muslim, ainsi que dans Al-Muwatta' [par l'Imâm Mâlik] et par At-Tabarani et Al-Hâkim à propos de `Uthmân Ibn Al-`Âs Ath-Thaqafî, avec une petite variation dans les termes, disant qu'il se plaint au Saint Prophète (que la paix soit sur lui), disant : "Depuis que je suis devenu Musulman, je ressens une douleur dans mon corps, qui me torture". Le Saint Prophète dit :"Mets ta main droite là où tu sens la douleur et récite Bismillah trois fois, et A`ûdhu billâhi wa qudratihi min sharri ma ajidu wa uhadhiru ("Je cherche refuge auprès d'Allâh et dans Son Pouvoir contre le mal que je trouve et que je crains") sept fois, et frotte ta main". Dans Al-Muwatta', il y a l'addition : " `Uthmân Ibn Abî Al-`Âs dit : après ceci ma douleur disparut et j'appris la même formule à ceux de ma maison". Musnad Ahmad et Tahawi contiennent cette tradition d'après Talq Ibn `Alî : "J 'ai été piqué par un scorpion en présence du Saint Prophète (que la paix soit sur lui). Le Saint Prophète récita quelque chose et souffla sur moi, et frotta sa main sur la zone atteinte." Sahîh Muslim contient une tradition d'après Abû Sa`îd Al-Khudri, qui dit : " Une fois, quand le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) tomba malade, Gabriel vint et demanda : O Muhammad, es-tu malade ? Le Saint Prophète répondit par l'affirmative. Gabriel dit : "Je te souffle dessus au nom d'Allâh (pour te débarrasser) de toutes choses qui te gênent et du malin de chaque âme et du mauvais oeil de tous les envieux. Qu'Allâh te redonne la Santé. Je te souffle dessus en Son nom". Une tradition similaire est rapportée dans Musnad Ahmad selon `Ubâdah Ibn As-Sâmit, qui dit : "Le Saint Prophète ne se sentait pas bien. En allant le voir, je l'ai trouvé fort mal. Quand j'y suis retourné le soir, il se portait fort bien. Quand je lui ai demandé comment il s'était remis si vite, il dit : Gabriel est venu et a soufflé des mots sur moi. Alors il récita des mots similaires à ceux rapportés dans le Hadith ci-dessus. Une tradition similaire est relatée selon Aïshah aussi dans Sahih Muslim et Musnad Ahmad. L'Imam Ahmad dans son Musnad a rapporté cette tradition d'après Hafsah, la Mère des Croyants : " Un jour le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) vint me rendre visite à la maison et une femme, nommée Shifa, était assise avec moi. Elle avait pour habitude de souffler sur les gens pour les guérir des ampoules. Le Saint Prophète lui dit : Apprends aussi à Hafsah cette formule." L'Imam Ahmad, Abû Dawûd et An-Nasâ'î ont rapporté cette tradition d'après Shifa bint Abdullah elle-même, disant : "Le Saint Prophète m'a dit : tout comme tu as appris à Hafsah à lire et à écrire, apprends lui à souffler pour guérir les ampoules aussi." Dans Sahih Muslim il y a une tradition d'après `Awf Ibn Malik al-Ashjal : Nous avions pour habitude de souffler pour guérir des maladies. Nous avons demandé au Saint Prophète (que la paix soit sur lui) son opinion à ce sujet. Il dit :" Dites moi quels mots vous utilisez pour souffler sur les gens. Il n'y a pas de mal à souffler tant que ça ne fleure le polythéisme." Muslim, Musnad Ahmad et Ibn Majah contiennent une tradition d'après Hadrat Jabir Ibn Abdullah, disant : "Le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) nous avait interdit de souffler pour guérir des maladies. Alors les gens du clan de `Amr Ibn Hazm vinrent et dire : nous avions une formule avec laquelle on soufflait sur les gens pour les guérir des piqûres de scorpions (ou des morsures de serpents). Mais vous nous avez interdit cette pratique. Alors ils récitèrent devant lui les mots qu'ils utilisaient. Sur ce le Saint Prophète dit :" Je n'y vois aucun mal, aussi que celui qui peut faire du bien à son frère, lui fasse du bien". Une autre tradition d'après Jabir Ibn Abdullah dans Sahih Muslim est : "La famille de Hamz avait une formule pour guérir les morsures de serpents et le Saint Prophète leur a permis de l'utiliser." Ceci est aussi supporté par la tradition d'après Aishah, qui est citée dans Sahih Muslim, Musnad Ahmad, et Ibn Majah : "Le Saint Prophète donna la permission à une famille des Ansar de souffler pour guérir du mal provoqué par la morsure des créatures venimeuses". Des traditions ressemblant à celles-ci ont été rapportées d'après notre maître Anas par Ahmad, At-Tirmidhi, Muslim et Ibn Majah, disant que le Saint Prophète donna la permission de souffler pour guérir des morsures des créatures venimeuses, la maladie des ampoules et l'effet du mauvais oeil." Musnad Ahmad, At-Tirmidhi, Ibn Majah et Al-Hâkim ont rapporté cette tradition sous l'autorité de notre maître `Umaïr, esclave libéré de Abi al-Laham : " Dans les jours pré-islamiques, j'avais une formule avec laquelle je soufflais sur les gens. Je la récitais devant le Saint Prophète, alors il me dit d'en retirer tel et tel mots, et m'autorisa à en souffler le reste". Dans Al-Muwatta', notre maître Abû Bakr alla dans la maison de sa fille, la Mère des Croyants Aïshah, et la trouva malade, une femme Juive soufflait sur elle. Il lui dit alors : "Souffle sur elle au moyen du livre d'Allâh." Cela montre que si les gens du Livre utilisent le souffle au moyen des versets de la Torah et de l'évangile, c'est aussi permis. Quant à savoir si souffler pour guérir des maladies est aussi efficace ou non, la réponse est que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) non seulement n'interdisait à personnes de recourir aux remèdes et aux traitements médicaux mais déclarait même qu'Allâh a crée un remède pour chaque maladie et encourageait ceux qui le suivaient à utiliser ces remèdes. Il donna même aux gens les remèdes pour certaines maladies, comme on peut le voir dans le Hadith cité dans Kitab At-Tib (Livre des Remèdes). Mais le remède ne peut être bénéfique et utile que par l'Ordre et la Permission d'Allâh, sinon si le remède et le traitement médical étaient bénéfiques dans tous les cas, personne ne mourrait dans les hôpitaux. Si, à part les remèdes et traitements médicaux, la Parole et les noms d'Allâh sont aussi utilisés, ou qu'on se tourne vers Allâh et qu'on l'invoque au moyen de Sa Parole, de Ses Noms ou Attributs, quand aucune assistance médicale n'est disponible, ce ne serait pas contre la raison, sauf pour les matérialistes. Pourtant, il ne faut pas rejeter volontairement un remède ou un traitement quand il est disponible et n'avoir recours qu'aux qu'à la récitation de charmes ; on ne devrait pas non plus gagner sa vie en fabriquant des amulettes. A cet égard, beaucoup de gens débattent sur une tradition d'après Abû Sa`îd Khudri rapportée dans Bukhari, Muslim, Tirmidhi, Musnad Ahmad, Abû Daud et Ibn Majah, et ceci est supporté aussi par une tradition rapportée par Al-Bukhari selon Ibn `Abbâs. Selon cette tradition, le Saint Prophète envoya quelques uns de ses Compagnons dont Abû Sa`îd Al-Khudri en expédition. Ils firent halte en chemin au camp d'une tribu Arabe et demandèrent l'hospitalité aux gens, mais on la leur refusa. A ce moment là le chef de la tribu se fit piquer par un scorpion et les gens vinrent aux voyageurs pour leur demander s'ils avaient un médicament ou une formule avec laquelle ils pourraient guérir leur chef. Abû Said dit : " Oui, nous avons cela, mais comme vous nous avez refusé l'hospitalité, nous ne le traiterons pas à moins que vous nous donniez quelque chose." Ils promirent de leur donner des chèvres (selon certaines traditions, 30 chèvres), et Abû Said alla réciter la sourate Al-Fatihah et frotter sa salive sur l'endroit atteint. Le chef se sentit soulagé de l'effet du poison et les gens de la tribu leur donnèrent les chèvres promises. Mais les Compagnons se dirent : "Ne prenons pas les chèvres avant d'en avoir parlé au Saint prophète", car ils ne savaient pas s'il était permis de recevoir une rétribution pour ce qu'ils avaient faits. Ils vinrent donc auprès du Saint prophète et lui relatèrent ce qu'il s'était passé. Le Saint prophète sourit et leur dit : " Comment saviez-vous que la sourate Al-Fatihah pouvait aussi être utilisée pour guérir de tels maux ? Prenez les chèvres et allouez m'en aussi ma part". Mais avant d'utiliser ce Hadith en tant que permission de prendre comme métier de délivrer des amulettes et réciter des charmes, il faut garder à l'esprit les conditions dans lesquelles Abû Sa`îd Al-Khudri y eut recours, et pour lesquelles le Saint Prophète non seulement déclara ceci permis mais dit aussi qu'on lui alloue une part afin qu'il n'y ait aucun doute dans l'esprit des Compagnons qu'une telle chose soit permise. Le contexte en Arabie à cette époque, comme maintenant, était que les camps sont situés à des centaines de miles les uns des autres. Il n'y avait pas d'hôtels ou de restaurants ou un voyageur pouvait acheter de la nourriture après quelques jours de voyage. Dans ces conditions il était considéré comme un devoir moral que, lorsqu'un voyageur atteignait un camp, les gens du camp lui offrent l'hospitalité. Un refus de leur part signifiait souvent la mort pour les voyageurs, et ceci était considéré comme très condamnable parmi les Arabes. C'est pourquoi le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) autorisa le geste de ses Compagnons. Comme les gens de la tribu leur avaient refusé l'hospitalité, ils refusèrent également de traiter leur chef, et n'acceptèrent de le traiter qu'à la condition qu'ils promettent de leur donner quelque chose en retour. Alors, lorsque l'un d'entre eux avec foi en Dieu récita la sourate Al-Fatihah sur leur chef et qu'il se rétablit, les gens donnèrent le paiement promis et le Saint Prophète permit que le paiement soit accepté comme licite et pur. Dans Sahîh Al-Bukhari, la tradition rapportée selon `Abdullâh Ibn `Abbâs sur l'incident contient les mots suivants du Saint Prophète "Au lieu d'avoir agi différemment, mieux vaut que vous ayez récité le Livre d'Allâh et en ayez accepté le paiement". Il dit ceci pour imprimer dans les esprits le fait que la Parole d'Allâh est supérieure à tout enchantement pratique des arts secrets. De plus, le Message de la Parole que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) détenait d'Allâh fut aussi ainsi transmis à la tribu Arabe. Cet incident ne peut être utilisé comme un précédent pour les gens qui, dans les villes, pratiquent les arts secrets et en ont fait leur profession. Ce type de précédent n'existe pas dans la vie et la pratique du Saint prophète (que la paix soit sur lui), de ses Compagnons, de ceux qui les ont suivi ou des premiers Imams. Imâm Sayyid Abû Al-Aclâ Al-Mawdûdî Pour lire cette exégèse dans son entiereté, mais également les 112 autres intoductions aux sourates du Coran, ainsi que d’autres remarquables articles, rendez vous sur le site islamophile |
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